14.11.15

Renaissances


« Quelques raisons d'espérer... ou ne sont-ce que des envies ? »

Une.

Il est parfois des envies qui vous grignotent peu à peu, imperceptiblement mais inlassablement. Ecrire est l'une de celle-ci. Sur des réseaux sociaux, sur un forum, via des sites, sur des jeux de rôle, il me faut écrire. Toujours. Encore. Pour vous, pour les autres, pour personne... et surtout pour moi. Car j'aime cela : désir... égoïsme... de se livrer, de se lire aussi, de se relire, de voir ce que j'étais, ce que je suis, le chemin parcouru en avant ou/et à rebours. L'analyse est complexe, trop, pour moi...
Ce que je sais, ce que je pense, c'est que l'activité est chronophage. C'est une certitude et un malheur... pour moi. Pour vous cela relève plutôt de la chance de ne pas à avoir à se gaver de lignes indigestes chaque jour que l'autre con fait ! Mais quitte à la reprendre (l'écriture), un peu, je ne voulais pas le faire n'importe où. Parce que certains écrits, que j'ai d'ailleurs pu pondre plus qu'à mon tour, n'ont à mon sens pas lieu d'être en certains endroits. C'est mon sentiment. J'avoue que l'actualité prégnante et récente me conforte dans l'idée. Alors donc, j'ai fait le choix de revenir sous ces cieux connus, mais revisités... Je pense, j'espère, que j'y serais plus libre et léger, moins contraint et redondant, dans le fond et la forme. Seul l'avenir le... non, en fait, l'avenir ne dit pas grand chose. Le présent oui. J'y suis, nous y sommes... j'ai recommencé à écrire. Et pour reprendre le mot d'une vague connaissance que j'apprécie sans le lui dire, côté n'importe quoi dans le propos et l'niveau d'écrit, je débute fort..."Assurément!".

Deux...

L'Ares Predator s'est tu. Je le glisse aisément dans son nid, un vieux holster dissimulé sur mon flanc gauche dont le cuir usé peine à endiguer la chaleur encore prégnante du canon de l'arme. A peine sorti du couvert improvisé d'un angle de container, mes pas me guident vers la forme gisant quelques mètres plus loin, masse sombre reposant dans son ichor : arrivé à sa hauteur, j'écarte du pied le Roomsweeper tandis que nos regards se croisent. La lourdeur de ses traits masque à grand peine la douleur qui transpire de chaque pore de sa peau tandis qu'un voile imperceptible couvre peu à peu le bleu de ses yeux : je dois m'accroupir pour débrouiller le souffle inarticulé s'échappant de sa gorge.
"O...omae. Le... le prix de ta trahison? Dis moi?"
Incompréhension... sans doute doit-il la lire sur mon visage.
"Trahison !? T'es pas sérieux Filan, hein ? Trahison ! Et tu croyais vraiment que j'traînais dans ton groupe de bras cassés par fidélité, troglo ? Par idéologie ?"
Tout en rapprochant mon visage du sien, j'appuie un genou sur la plaie béante qu'il arbore au flanc, provoquant dans un délice carnassier mais muet, un râle, et la remontée de quelques bulles de sang à la commissure de ses lèvres déformées. Je murmure.
"Mais putain, tu crois vraiment que ça m'a plu d'infiltrer votre communauté ? De participer à vos conneries d'opérations pour le droit des mét' ? De sloter avec cette chienne d'asperge qui servait de bras droit à Karl !?"
Je jette un bref coup d'oeil dégoûté vers le corps élancé mais désarticulé gisant un peu plus loin. La jolie frimousse de l'elfe n'est désormais plus qu'une bouillie de chair et de cheveux or mêlés. Une pensée fugace fait renaître un sourire. Pas à dire, elle savait y faire à l'horizontale... normal donc que ce soit sa dernière position. Bel hommage que j'lui ai fait !
"Mais, omae, je n'étais chez vous que pour l'Humanis. Trouver Karl, ouais, mais aussi avoir les noms, le réseau, tout ce qui nous permettra de vous renvoyer là d'où vous venez, un peu plus vite que prévu. Tu sais bien... hâter l'inéluctable et clore ce putain de sixième monde..."
Dernier brin d'honnêteté envers un mourrant... ou ironie incontrôlable.
"... et les nuyens, Filan. Les nuyens aussi, t'as raison... 20000 ?! Tu te rends compte ? Vous valiez 20000 nuyens et vous l'ignoriez !"
Paroles inutiles, ses pupilles ne fixent plus que le néant.
Je me relève, regrettant mon pantalon tâché de son sang, rafraîchissant ma mise et époussetant mon Mortimer.
"Bien sûr, je n'ai pas oublié Karl. Pour que le compte soit rond, je dois encore lui rendre une petite visite : vos infos vont enfin me permettre de trouver sa planque. Mais t'inquiète, troglo, je lui passerai ton bonjour... dans la soirée."
Je m'en retourne donc... et avance de quelques pas, avant de saisir un détail, du genre dragon dans une boutique de porcelaine. Le sang bordel ! Il n'y avait pas de sang sur le corps de l'elfe ! C'est un peu le problème avec cette suite Linewire : ces réflexes câblés n'agissent que sur le corps, pas sur l'esprit. Quelques microsecondes suffisent tout de même pour me jeter à terre et me retourner tout en dégageant le pan droit de mon manteau pour empoigner mon arme et activer son smartlink : face à moi, Filan et Malia semblent en pleine forme. La shaman...
J'effleure mentalement la gâchette de mon Ares qui déverse un flot de balles sur ces cibles trop faciles. Trop facile ! Les projectiles s'écrasent sur un mur invisible, provoquant comme une onde d'air à l'impact, avant de tomber mollement au sol : sous l'effet du sort, l'elfe chancelle à peine. Le troll, lui, n'a même pas levé son imposant Remington. La shaman !
Le silence retombe sur le quai tandis que le grésillement caractéristique d'une transmission résonne dans mon oreille.
"Skraa, Ianos ! Je m'excuse par avance de l'intrusion, mais tu voulais me voir semble-t-il ?"
Ce lâche, cette pourriture d'orque ne s'est même pas pointé, et en plus, il pirate mon commlink.
"Désolé de ça, omae, mais je ne peux pas me déplacer pour toi ce soir : tu comprendras bien la situation j'espère. Je tenais juste à t'informer que nous t'avions scanné depuis un bail..." J'étouffe un juron sous le regard impavide de Filan. En ce qui concerne Malia, je suis moins sûr. Ses poings serrés et ses phalanges qui blanchissent à mesure que son boss dégoise ses conneries me font craindre l'arrivée imminente d'une boule de feu sur mon humble personne. "...en fait, nous avions surtout besoin de connaître tes habitudes, remonter jusqu'à tes contacts, identifier tes potes du Policlub... enfin, tu vois ce que je veux dire, non ?"
J'en suis donc à chercher une échappée : le couvert le plus proche n'est qu'à un battement de mon Linewire, mais cet instant sera-t-il suffisant pour éviter l'acier du troll et l'énergie de la shaman. Allez...
"Bref ! Je te remercie, Ianos. Sincèrement. Tu as fait avancer la cause. Ce fut un plaisir que de te voir, omae. Bon vent !"
Je m'élance sans que mes deux cibles n'esquissent un mouvement. Trop lents !? Et... "Que de t'avoir vu" ? Putain, pourquoi n'avais-je pas investi dans un booster céréb...
Le Ranger Arms s'est tu. Je le démonte et glisse chacune de ses parties dans la vieille mallette de cuir usé qui lui sert de nid. La chaleur du canon est supportable, il n'a tiré qu'un coup. je sors du couvert préparé sur le toit du hangar, mes pas me guidant vers l'obscurité salvatrice des Ombres d'Everett. A quelques centaines de mètres de là, des amis, un troll et une elfe, balance un déchet dans la baie de Possession Sound. Une pensée fugace fait renaître un sourire: j'espère que celui là n'est pas recyclable.

Trois :

Je ne sais pas vous (non pas vous, tous, vous, quelques uns), mais ces quelques mois passés m'ont donné l'impression d'une re-prise de contact avec mes amis. Non pas que nous nous soyons perdus de vue, mais éloignés, peut-être. Sûrement. Moi, à coup sûr.
Bref, j'ai à nouveau ce sentiment d'un retour à mes jeunes années, à l'idée d'une "famille", avec les guillemets tant on sait la valeur que j'apporte au mot si l'on me connaît un brin. En tous cas, je suis ... heureux ?... ouais, c'est ça, heureux, d'entrer à nouveau dans la vie de toutes ces personnes, et inversement. Les années s'étaient allongées et avec elles les liens, me semble-t-il.
Alors bien sûr, tout ce sucre et cette guimauve ne se sont pas recuisinés en un jour, les mois y ont aidé, mais aujourd'hui, je suis bien. Entouré. Et ce même si la distance demeure. Comme l'impression de faire partie d'un tout là où il y a quelques années encore la sensation était nombriliste. Sociabilisation donc ? Ouais, mais non, quand même... faudrait voir à pas trop déconner.

Quatre ?

Oui quand même. Outre Shadowrun donc, l'héroic fantasy aussi, mais plus généralement le jeu de rôle, et encore plus loin, le jeu tout court, ont repris une place dans ma vie, toujours au détriment du temps qui passe, après quelques 15 années d'accalmie. Alors bien sûr, la "renaissance" concerne d'avantage mes activités en tant que maître de jeu qu'en tant que joueur de plateau, mais tout de même, à la vingtaine accomplie, je tâtais moi aussi du pion, du dé et du plateau et sûrement ne les aurais-je jamais délaissés si, à l'époque, ce média avait la qualité, la variété et l'incroyable richesse qu'il connaît aujourd'hui.
De temps à autre, je tacherai donc ici de livrer quelques sentiments sur ces petites pépites que je pratique, histoire d'avoir votre sentiment ou, encore une fois, de plus tard relire le mien, sur ces loisirs que je pratiquais dans les années 2015 et suivantes.

Cinq !

Le réveil est difficile ! Souvent ces derniers temps... Entre l'heure habituellement tardive du couché, la fatigue du déménagement, la cohue financière de fin d'année et la pression professionnelle qui dure depuis un an, j'avoue que les soucis de fric rajoutent allègrement à la morosité ambiante. En tous cas, c'est ce que je me dis, avant de tourner la tête et de la deviner, ou de la sentir... son odeur, sa chaleur, sa présence toute simple.
Alors tout s'efface, et je souris. Toujours mentalement... parfois physiquement. Mais je souris. Petite ancre d'importance qui me raccroche à la vie et à ses plaisirs... petite encre plus désuète qui me ramène aussi ici, là et ailleurs.

Six, sept, huit.......... tout plein quoi ! ;)

11.6.10

Au revoir et à jamais


« The Long Kiss Goodnight : à la fin de l’envoi »…

Diable, diantre, palsembleu, et ventre saint-gris… lors que ce premier semestre touche à sa fin, me cantonnant à cette simple année 2010, je lorgne parfois et rêve encore sur les jours… semaines… mois… écoulés en rafale… et de suite, je souris… Oui, dernièrement, je souris ! Toutefois, n’allez pas y voir quelques signes de richesse ou de bonheur que ce soit, non, non, non : j’n’ai pas gagné la cagnotte du vendredi 13 au Loto, j’ne suis pas tombé follement amoureux d’une diabolique créature aux appâts tant pécuniaires que mammaires (ou l’inverse *__* ), ma bagnole n’a miraculeusement pas subi de transformation la rajeunissant d’un quart de siècle, et mes débiteurs n’règleront probablement jamais leurs dettes… à vrai dire, j’ai même rarement eu autant d’emmerdes matériels, physiques, financiers, voire professionnels, au cours de ma déjà trop longue existence, et ce sur une si courte période ( pour être totalement honnête, il y a une heure, je témoignais même au Tribunal Correctionnel de Montauban ^^; ). J’reste donc fauché, célibataire, tordu et fonctionnaire…

Alors quoi ?

Pfffffffrrrrrrt… J’ne sais pas ! Appelez ça comme vous voudrez : stupidité, ignorance, inconscience, ou, si vous êtes urbains, insouciance. Peu importe ! Toujours est-il que depuis que la dizaine suit la vingtaine, mon visage s’est détendu et la facétie m’a repris… pour de vrai ! C’en est même désarmant… juste constater qu’en ne se focalisant plus que sur soi, son bien-être, ses désirs, son Moi (beurk !), même si cela se fait au détriment d’autres, le reste frise la limite du futile et votre vie se facilite. Je me rétorquerais bien, alors, histoire de m’ouvrir les yeux, que cela ne durera qu’un temps… moui, peut-être… que quelques décisions prises ces derniers mois seront regrettées dans un futur plus ou moins éloigné. Aussi ! M’enfin, n’était-ce pas déjà le cas ces vingt dernières années…

J’vais donc poursuivre mon ptit chemin aux formes diverses et variées si c’n’est celle de la croix : entrer dans la vie des uns, croquer à la pomme (ou au risotto d’poisson) du Ptit Bacchus, n’plus m’forcer avec les autres, voyager (un peu, un peu), barrer quelques noms d’mes répertoires papiers et mnémoniques, délaisser (un peu, un peu) les mondes virtuels pour d’autres plus goutus, ou reprendre de vieux contacts trop longtemps éteints… je verrai bien, tant que je continue de sourire… juste entamer une nouvelle page d’écriture, mais ailleurs, sous d’autres c’yeux.

Aussi, procédant méthodiquement, et à l’instar de mes e-mails, téléphones, adresses, etc… etc… je ferme donc officiellement ce qui fut pour moi un refuge, ptit livre de confessions ou dévidoir à ordures, et pour vous, je l’espère, une petite fenêtre sur ce qui me trottait dans la tête souvent, de façon fugace, et en d’autres moments, de manière plus prégnante, que ce soit à tort ou à raison.
Là, au fin fond d’mon ossuaire (cossu ^^), à côté d’un bon verre de Clément fraîchement entamé, assis sur ce costume de scorpion décidemment trop large pour ma carrure, j’ne tapoterai que ces quelques ultimes lettres...

« Les deux grands secrets du bonheur : le plaisir et l'oubli. »

J’suis assez d’accord.

6.12.09

La Couleur des Mots


« Au détour d’une page… »

… virtuelle, j’ai trouvé ces quelques mots. C’était il y a quelques mois. Chaleur estivale… Accalmie sentimentale… Eclipse d’un soir vers une bastide qui n’est plus la même… Un instant, j’avis même cru pouvoir, vouloir… feindre d’être un autre… vivre ?… Ce n’était juste pas moi, plus moi… jamais peut-être. Un été surprenant… l’ami roi des alouettes !

Bref, fi de mes atermoiements. RHAAAAAAAAAAAAAA ! Le sujet !

Au lieu d’une fiche sur Toulouse Web donc, outre la belle et mystérieuse Laure, je croisais ces quelques vers que je m’empressais de copier… coller… je ne peux expliquer, justifier. Propos anodins, aucuns sentiments, ni attachements. La simple beauté d’une plume anonyme… Admiration.

Aussi, Inconnue, si, par le plus fortuit des hasards, un jour, tes errances virtuelles te menaient en cette tanière, et qu’encore j’y sois… un simple merci t’échoit !


"Les pas de nos doigts
sur un vitrail de neige
laissent des traces
que la prochaine neige efface

......j'ai la certitude de la couleur"

5.12.09

Contre-Enquête


« L’un sème, l’autre récolte. »

Suite à l’intervention du meilleur ami à moi que j’ai en ce lieu perdu, une petite question qui depuis quelques temps me trotte à l’esprit me vient dans la tête… ou inversement.

Quel et réellement le nombre d’individus traînant en ce lieu oublié de chacun et méconnu de tous ? Quelles pensées suffisamment perverses osent encore porter un regard sur mes états d’âme ténébreux, affligeants, nombrilistes, et pour tout dire, inintéressants ? Outre les amis et connaissances, nul doute que quelques échappés d’un obscure asylum pourraient ici s’égarer au risque d’y perdre le peu de conscience humaine leur restant, mais en ce cas, qui êtes vous ? N’aurai-je que la plus petite connaissance de votre existence ? Le propos est proprement et sûrement insignifiant, mais je m’interroge…

Aussi, appelez ça forfanterie ou goût de l’autosatisfaction porté au pinacle de l’art de la masturbation mentale, mais j’aimerais qu’en ce lieu vous vous dévoiliez… histoire de faire un vrai état des lieux de « l’utilité » tout relative, déjà marquée par mes guillemets, de cet antre chiasseux. Je ne vous demande donc qu’un bon (ou mauvais) geste, quelques mots, des trombes, un silence même, mais… une intervention dans les « Pensées Perdues » d’In Cauda Venenum, que je me fasse une idée de qui me lit, me vomit, me parcours, m’exècre, m’adule, me suce ou me régurgite. J’avoue ma curiosité en la matière, pas tant dans l’opinion que vous avez du rédacteur (mais si vous en avez une sur ces lieux, ne vous gênez pas ! Voir le sujet pré-précédent), mais davantage dans le nombre que vous représentez…

Et je tacherai même de n’y faire aucun commentaire… que je vous lise, vomisse, parcours, etc, etc… je vous y voue tous.

Allez, mes vœux/anathèmes vous accompagnent !

4.12.09

Police


« Mais que fait la…? »

Bin oui… du jour au lendemain, le style d’écriture des dates, réponses, et phrase de conclusion de ce blog ont sauté, comme ça, sans prévenir. J’n’ai pas vraiment d’explications sur le sujet et surtout cela ne semblait pas cantonné à mon ordinateur.

J’ai donc modifié le style pour l’uniformiser au reste, mais cela m’ennuie quelque peu. Aussi, si d’aventure un génial informaticien de passage pouvait m’filer, à défaut de solution, une explication, j’frétillerais incidemment de la queue (encore plus que d’habitude quoi). :D

Au fait, la police originelle s’appelait Adine Kirnberg-script.