27.2.16

The Game


« Il n'est pas difficile de jouer, mais de s'arrêter de jouer. »

A moins d'atterrir ici par (un malheureux) hasard, il ne doit pas faire grand mystère pour vous, chers lecteurs, que je suis un type plutôt passionné dans mes activités, à défaut d'être passionnant. Cette ferveur n'est pourtant, à quelques exceptions près, que trop souvent temporaire : en somme, je suis un enthousiaste molasson !

Bien entendu, ces passions, même provisoires, m'ont toujours apporté leurs lots de connaissances et donc de satisfactions, aussi dérisoires soient-elles. Pourtant, depuis l'été 2014, un ancien loisir épisodique abandonné depuis 20 ans a réapparu dans ma vie sans que je m'y attende vraiment. Un loisir oui, car si je dois bien admettre que mon job ne me dérange pas, je n'ai jamais été un travailleur acharné, et aucun entrain professionnel n'a jamais agité mon séant, bien au contraire ! Je profite d'ailleurs de cette véritable révélation pour passer un appel : si d'aucun individu de passage dans le coin tenait un jour à me faire un don pour que je me retire à jamais des affaires, qu'il n'hésite pas, je saurai faire fi de la honte de vivre à ses crochets ! :p Mais revenons à nos moutons...

Les loisirs donc... Mes seules passions... Lectures diverses, séries variées, ciné, conception de sites, de blogs, d'un forum, maquettisme, modélisme, peinture, dessin, farfouillage informatique, un brin d'activité physique même, tout cela a un jour éveillé mon intérêt, voire ma dévotion, pour des durées allant de quelques jours au pire, à quelques mois dans les meilleurs des cas... influences fugaces de ce que j'étais ou devenais à mesure que passaient mes heurts de vieux célibataire, puis de (plus très) jeune concubin. Dans ce maelstrom d'heures divertissantes autant qu'instructives, deux activités survécurent, simplement sauvées de mes fugitives appétences car elles ouvraient des fenêtres permanentes sur le rêve, la création, et la liberté de tout réinventer... par le jeu. Expéditivement ici, vidéo, d'abord, puis, intimement, viscéralement, "oniriquement" surtout, rôlistique. Ah, il faudrait en pondre des lignes à n'en plus finir pour dire tout ce que ces trois simples mots évoquent, provoquent ou équivoquent chez moi... "jeu de rôle"... une future entrée... un jour.

Mais le sujet d'aujourd'hui, en est un autre. Jeu de société. Car oui, voilà, désormais, un troisième larron a rejoint le duo terrible de mes heures perdues, déjà trop rares avant son invasion barbare.

J'avais déjà un peu officié dans ma tendre enfance, comme tant d'autres, à coups de 1000 bornes, Nain jaune, Docteur Maboul, Monopoly, Yahtzee, et Course à la réussite : j'en oublie probablement une grosse partie mais c'est que ces années là ne sont plus si proches. Et puis il y eut donc la chose ludique s'affichant sur nos écrans d'ordinateur et de télévision, et les plateaux de bois et de cartons disparurent de ma chambrée à mesure qu'elle se remplissait de cassettes, disquettes puis cartouches.

Alors que je sortais de l'adolescence et rentrais de pleins pieds dans le monde obscur du rôlisme, c'est celui-là même qui me ramena vers un loisir qui avait alors un brin évolué : les livres de règles que j'achetais alors ne se trouvaient que dans des échoppes fournissant d'autres drogues ludiques... et si le fourgue était bon, il était fort probable qu'en plus de votre Thoan tout de cuir vêtu, vous repartiez aussi avec une boîte ou deux de jeux au nom aussi doux à mon souvenir que Junta, Civilisation ou Le Roi Arthur. Un orléanais au nom incongru de Le Deuff (Laurent, si tu passes un jour dans le coin ^_<) puis plus tard un toubib du nom de Mops (même punition) étaient alors mes dealers : mais je tins bon... 20 longues années durant !

Et puis il y eut 2014. Une grosse panne d'électricité, plus d'internet, plus d'ordinateur, plus de télé, presque plus d'appartement et d'immeuble aussi, et des bougies, et... un trivial pursuit... chiant. Lorsque la lumière d'Edison revint enfin, j'en étais presque à me coller ces satanés petits triangles colorés dans tous les trous que Mère Nature m'a donnés pour tuer l'ennui : il fallait donc réagir, et vite, pour se prémunir de l'éventualité d'une nouvelle coupure, dangereuse de fait pour ma santé, vous en conviendrez ! Sans faire le déroulé précis de cette fin d'été là, Marie et moi avons vite pris la mesure que, plus jeunes, il était possible de s'amuser et de se divertir sans média modernes et branchés : aussi, assez rapidement, nous avons avisés notre futur revendeur de came cartonnée avec des kubenbois dedans, le Passe Temps, puis avons commencé à consommer... Time Line, Les Princes de Catane, Andor,... surconsommer... Mr. Jack Pocket, Abyss, Les Contrées de l'Horreur,... dealer auprès de nos amis... Splendor, Crossing, Les Aventuriers du Rail,... utiliser le côté obscur du commerce en nous approvisionnant en ligne... Shadowrun Crossfire, Black Plague, 10' to Kill,... pour finir par fréquenter des lieux de perdition où notre addiction était rassasiée... Orléans joue, l'Alchimie du Jeu, La Bonne Pioche... pour enfin finir par rencontrer ceux qui officinaient depuis Orléans même (les fourbes !) pour décupler notre vice nouveau, trictracinant chaque jour à grands coups de parties télévisées et d'informations rédigées... Monsieur Phal, Mister Jamie et le sémillant et on ne peut plus sympathique Monsieur Guillaume. Nous étions perdus...

Ce jour, quelques dix huit mois plus tard, le calvaire continue pour nous. Notre côté masochiste l'emportant facilement, c'est aussi pour notre plus grand plaisir : le vôtre peut-être moins tant nous devons nous montrer insistants désormais quant à la consommation de notre nouvelle drogue... douce... dès lors que nous nous déplaçons ou recevons ! Pardonnez-nous à rebours et par avance, nous ne savons plus ce que nous faisons. :)

Reste le pourquoi de ce sujet, long par habitude... et par plaisir. Il est élémentaire. J'n'ai déjà pas assez de temps pour mon bien-être simple, et pourtant, aux vues des nooooooombreuses parties effectuées ici et là, je me propose d'effectuer de temps à autre une petit (pieu mensonge) article sur un jeu dès lors que j'aurai un peu roulé ma bosse (et la vôtre) dessus, et bien sûr sitôt que l'inspiration me frappera. Or, pour cela, j'aimerais accoler une pastille à cet avis pour que, sans vous tamponner l'intégralité de mes indigestes diatribes, vous voyiez d'emblée si le bouzin m'a plu... ou pas. Pour cela, j'ai concocté de mes petites mains habiles et travailleuses (Marie peut en témoigner; elle sont travailleuses, et c'est déjà pas mal !) quelques petites illustrations, des smileys que je vous fiche là en pleine rétine : elles sont au nombre de trois séries, et j'aimerais votre opinion sur celle qui vous agrée le plus. Oui, oui, votre avis à vous... trois (? Oui, je suis optimiste !) qui me lisez actuellement. Pour en faire un rapide descriptif, le dégradé des couleurs va du vert (l'opinion très positive) à l'orange (le jeu qui ne m'emballe pas) en terminant par un joli rouge pétant (colère, déception, pour une raison ou une autre) : enfin, vous verrez aussi qu'il y a deux modèles de têtes vertes, pour déterminer lequel a la meilleure lisibilité. Ne vous reste plus qu'à réagir sur ces p'tits machins colorés, m'écrire si une autre mimique serait plus.... visible ?... et comme d'habitude, ne pas hésiter à digresser sur le sujet des passions et du jeu "madeleine".

Cela valait bien ces deux pages Word... non !? :D

31.1.16

Kiss Kiss, Bang Bang


« Un jour, on aura besoin d'un visa pour passer du 31 décembre au 1er janvier. »

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
...
...
...
Nom de dieu ! Ça soulage ces petites expressions écrites mimant le cri primitif et bestial qui me traverse parfois le cortex lorsque ce qu'il me reste d'esprit s'attarde sur un sujet... énervant. Car, oui, il est des choses, et dans le propos de ce jour, des usages, qui provoquent parfois ce genre d'écho en ma petite caboche dès lors qu'ils se présentent à moi : et premiers de l'an, anniversaires, fêtes de papa, de maman, de trucmuche et machin, sans oublier noël et sa chose à aiguilles qu'en fout partout, les baptêmes, les pots de départ, que sais-je encore, en sont de bons exemples, et non des moindres.

En fait, je n'ai jamais vraiment compris l'engouement que tous ces moments gravés dans le marbre de nos existence peuvent provoquer chez les uns, les autres, et moi-même parfois (sic). Pourquoi ces foutues dates percutent-elles notre quotidien avec tant de vigueur ? Le quotidien ne nous suffit-il pas ? Est-il besoin d'attendre un jour particulier pour dire à son voisin qu'on l'aime ? Ou si on le fait déjà, le faire sous une lumière particulière rend-il ce sentiment plus vivace ? Hein ? Non ?

Pour ma part, et comme tant d'autres, je me plie aux conventions sociales, donnant dans la petite phrase bien civile et urbaine lorsque l'"évènement" a lieu, même si j'avoue qu'en retour, je me tamponne vraiment de recevoir ce genre d'attentions usuelles, leur préférant, et de loin, les inattendues : et ouais, un "on vous aime" à mes meilleurs potes, comme ça, au débotté, vaudra toujours mille fois plus que ces conventions qui alourdissent parfois un quotidien (le mien en tous cas) déjà plombé par ce manque de temps chronique qu'il nous impose. Et ces souhaits adressés, avec cette date butoir de dans onze heures parce qu'après "C'est trop tard, c'est plus pareil !" ? Ceux-la ne semblent-ils pas relever du domaine de l'abscons ? Non ? Pourtant, tout égoïstement, mes voeux de bonheur accompagnent invariablement les gens auxquels je tiens, et pas que, à tout instant de ma vie, et surtout de la leur, et j'n'ai certes pas besoin que l'on me pointe du doigt l'instant où je dois dire, révéler, exprimer un sentiment précis. Oui, c'est ça en fait... cette putain d'obligation ! De celle qui rende la phrase, l'émotion, l'acte, moins joli, plus artificiel. C'est ce qui ne me plaît guère dans toutes ces manifestations. J'aime aime sans cadres ni limites... ce qui joue parfois quelques tours certes, mais bon.

Donc voilà, le jour me semblait approprié pour cette chtite bafouille, avant qu'on ne me dise que j'ai oublié M'sieur Mortadelle, ou M'dame Sauciflard pour je ne sais quel vœux ou occasion festive : cela m'est arrivé par le passé, et cela m'arrivera sûrement, et même parfois à dessein, dans le futur. Il n'en demeurera pas moins que j'aime généralement mon prochain, et plus certainement mes proches, et ce même si je ne leur dis pas le jour où la société, la religion ou simplement l'us l'ont décrétés pour moi.

Et puis comme je n'avais pas écrit ici depuis un ptit bout de temps et que je cherchais un sujet point trop exigeant en terme de réflexion, celui là était tout trouvé. Je DEVAIS pondre un truc avant le 31, ça aurait fait désordre sinon, non !?

addenda : j'essaie toujours que les titres (et pas forcément les paroles) de ma playlist collent à mon sujet. Petite exception sur le dernier titre de celle-ci, parce que j'adore cette chanson, qu'elle me colle toujours les poils, et que, même si un type manque, l'émotion reste... ouaip ! :/

27.11.15

Le Nom des Gens


« Tu ne peux pas affubler un héros d'autant de problèmes. Les gens penseront qu'il n'est pas assez héroïque. »

Bruce Banner... Scott Summers... Pepper Potts... Sacré Stan Lee... Susan Storm... Otto Octavius... On se rapproche... Peter Parker... Matt Murdock... Hell's Kitchen n'est plus loin... Jessica... Jessica ? Oui, Jessica Jones !


En effet, même si le titre de l'entrée est trompeur, son sous-titre cache moins le sujet qui m'a occupé ces derniers jours, à savoir le visionnage intensif du dernier Marvel - filiale télé - dont le protagoniste principal relevait plus de l'anecdotique dans la production de la Maison des idées : un peu comme si Dumas avait à son époque pondu un pavé sur ce bon Planchet plutôt que sur le célèbre gascon casaqué de bleu et blanc.

Pour faire un peu plus clair pour le néophyte de passage (mais si, il y a du passage ici, alloooons !), dans la firme de tonton Stan, sur le papier, dans ce monde fictif et plus particulièrement à New-York, Jessica Jones est loin d'être le premier nom qui va venir à l'esprit, même, du lecteur assidu des aventures estampillées du big M. En fait, d'un point de vue tout personnel, il m'a aussi fallu sortir mon encyclopédie (ouais, ouais, j'en ai une sur le sujet !) pour redécouvrir que cette minette était originellement une simple figurante ayant croisé l'alias de Spidey, une ado' qui s'était découvert quelques pouvoirs suite à un accident routier (original !), une rêveuse d'exploits super-héroiques qui était tombée sous la coupe de l'un des pires salopards que les comics aient jamais accouchés... et enfin, malheureusement, une femme brisée par cette expérience qui n'évoluerait de ce fait jamais sous quelque costard que ce soit...
Et donc, une série se montait sur ce nom !?
Après les récents Agents of SHIELD, Agent Carter, Powers et le dernier Daredevil, ou même Arrow, Flash, Supergirl et Gotham chez la Distinguée Concurrence, le choix paraissait pour le moins étrange. Oui. Pour le moins !

Et pourtant... pourtant cet AKA JJ est une pure réussite ! Au risque de déflorer l'intérêt déjà ténu de me lire plus avant, je préfère l'annoncer tout de go tant par la suite mes propos ne pourront cacher mon emballement pour cette nouvelle petite réussite signée Netflix. Car oui, j'ai adoré, tremblé, flippé devant le récit des journées merdiques de cette... jolie ?... heu... bonne question... brunette.
J'aurai bien entendu dû voir le marron venir avant qu'il ne me percute la rétine, plusieurs fois, tant les aventures du Diable en rouge signées par la même chaîne m'avaient déjà épaté il y a quelques mois de cela, la série se démarquant des productions super-héroiques antérieures par son ambiance, sa maturité, ses personnages, sa musique, sa violence, ses chorégraphies, bref, un peu tout, mais aussi et surtout son histoire étalée sur 13 petits épisodes auxquels beaucoup reprochaient leur lenteur, leur manque de rythme. Alors oui, dans le cas de Daredevil, le titre aurait davantage dû emprunter à l'homme sous le masque plutôt qu'au masque lui-même, mais au final, jamais la mise en place, l'accouchement puis l'élévation d'un héros n'avaient été aussi fouillés par le passé, et ce quel qu'en soit le support.

Mais Jessica... Et Jessica donc... Là encore, le héros n'en est pas encore un... plus un... est mort... à naître... ne veut pas être ?
A l'instar de tous (TOUS !) les personnages magnifiquement campés dans ce récit terrifiant de noirceur, on ne sait pas trop où l'on va, ce que l'on veut. Si, peut-être. Faire taire, étouffer, tuer, juger, pardonner sa némésis, car il en faut toujours une dans ce type d'histoire, et comme je le disais il y a quelques lignes, rarement Marvel ou DC auront-ils pondu pareil taré. Peu à sauver chez David Tennant, si ce n'est son jeu puisque lui aussi brille dans son/ce rôle qui, à mon sens, fera date. Et ça tombe bien car Krysten Ritter, ni trop jolie, ni trop laide, plutôt indéfinissable mais diablement magnétique, prête ses traits, son ton et son talent à un personnage, le rôle titre, pour qui le mot torture devient un peu plus prégnant à mesure que les minutes défilent.


L'histoire, sans trop la déflorer, copie celle du voisin du quartier, ouais, l'aveugle avec sa canne lasso qui saute de toit en toit, puisqu'elle se situe géographiquement au même endroit, adapte un brin la création originale et, surtout, ne tient qu'en une intrigue unique étirée (ou raccourcie, selon les goûts) sur les 13 épisodes que dure le feuilleton. Mais aux côtés de Jessica, mais tout autant du plus petit second rôle, on oublie vite le côté Pouvoir et Responsabilité pour plonger dans un drame poisseux et anxiogène où menace, suspicion, paranoïa et fluides vitaux guettent à chaque image de la pellicule : violence, souffrance, mort... pire que physique, souvent psychologique... une série adulte mais clairement étiquetée. Car Hell's kitchen n'est pas le terrain de jeux des icônes cinématographiques : ce sont les hommes qui y meurent et on le voit à l'écran. Ce parti pris de rendre le récit plus humain, de ne pas faire dans la mise en scène fantastique et explosive, rend les faits contés... effrayants?... en tous cas réalistes, et c'est bien ce qui démarque Jessica Jones du reste des productions similaires de chez Marvel et DC. Ces choix de réalisation, de couleurs, de récit se retrouvent d'ailleurs dans un générique simplement parfait sur l'image et le son (celui de Daredevil était déjà brillant sur le sujet) : regarder un épisode puis se refaire le générique et il dérange... mais tombe juste sous le sens, comme un résumé, une évocation, un avertissement de ce qui va suivre.

Jessica Jones n'est donc pas une série de super-héros comme les autres (en est-ce une seulement), pas une vision dramatique du mythe : c'est une série dramatique... un thriller... et, si vous voulez mon avis (mais vous le vouliez non, si vous en êtes arrivés là de votre lecture... ou alors vous êtes sacrément masochiste, auquel cas, foncez voir cette série ! Elle ne dure que 13 épisodes... c'est court... trop ! Rhaaaaaaaa !), si vous voulez mon avis donc, c'est probablement la série télévisuelle de l'année.

14.11.15

Renaissances


« Quelques raisons d'espérer... ou ne sont-ce que des envies ? »

Une.

Il est parfois des envies qui vous grignotent peu à peu, imperceptiblement mais inlassablement. Ecrire est l'une de celle-ci. Sur des réseaux sociaux, sur un forum, via des sites, sur des jeux de rôle, il me faut écrire. Toujours. Encore. Pour vous, pour les autres, pour personne... et surtout pour moi. Car j'aime cela : désir... égoïsme... de se livrer, de se lire aussi, de se relire, de voir ce que j'étais, ce que je suis, le chemin parcouru en avant ou/et à rebours. L'analyse est complexe, trop, pour moi...
Ce que je sais, ce que je pense, c'est que l'activité est chronophage. C'est une certitude et un malheur... pour moi. Pour vous cela relève plutôt de la chance de ne pas à avoir à se gaver de lignes indigestes chaque jour que l'autre con fait ! Mais quitte à la reprendre (l'écriture), un peu, je ne voulais pas le faire n'importe où. Parce que certains écrits, que j'ai d'ailleurs pu pondre plus qu'à mon tour, n'ont à mon sens pas lieu d'être en certains endroits. C'est mon sentiment. J'avoue que l'actualité prégnante et récente me conforte dans l'idée. Alors donc, j'ai fait le choix de revenir sous ces cieux connus, mais revisités... Je pense, j'espère, que j'y serais plus libre et léger, moins contraint et redondant, dans le fond et la forme. Seul l'avenir le... non, en fait, l'avenir ne dit pas grand chose. Le présent oui. J'y suis, nous y sommes... j'ai recommencé à écrire. Et pour reprendre le mot d'une vague connaissance que j'apprécie sans le lui dire, côté n'importe quoi dans le propos et l'niveau d'écrit, je débute fort..."Assurément!".

Deux...

L'Ares Predator s'est tu. Je le glisse aisément dans son nid, un vieux holster dissimulé sur mon flanc gauche dont le cuir usé peine à endiguer la chaleur encore prégnante du canon de l'arme. A peine sorti du couvert improvisé d'un angle de container, mes pas me guident vers la forme gisant quelques mètres plus loin, masse sombre reposant dans son ichor : arrivé à sa hauteur, j'écarte du pied le Roomsweeper tandis que nos regards se croisent. La lourdeur de ses traits masque à grand peine la douleur qui transpire de chaque pore de sa peau tandis qu'un voile imperceptible couvre peu à peu le bleu de ses yeux : je dois m'accroupir pour débrouiller le souffle inarticulé s'échappant de sa gorge.
"O...omae. Le... le prix de ta trahison? Dis moi?"
Incompréhension... sans doute doit-il la lire sur mon visage.
"Trahison !? T'es pas sérieux Filan, hein ? Trahison ! Et tu croyais vraiment que j'traînais dans ton groupe de bras cassés par fidélité, troglo ? Par idéologie ?"
Tout en rapprochant mon visage du sien, j'appuie un genou sur la plaie béante qu'il arbore au flanc, provoquant dans un délice carnassier mais muet, un râle, et la remontée de quelques bulles de sang à la commissure de ses lèvres déformées. Je murmure.
"Mais putain, tu crois vraiment que ça m'a plu d'infiltrer votre communauté ? De participer à vos conneries d'opérations pour le droit des mét' ? De sloter avec cette chienne d'asperge qui servait de bras droit à Karl !?"
Je jette un bref coup d'oeil dégoûté vers le corps élancé mais désarticulé gisant un peu plus loin. La jolie frimousse de l'elfe n'est désormais plus qu'une bouillie de chair et de cheveux or mêlés. Une pensée fugace fait renaître un sourire. Pas à dire, elle savait y faire à l'horizontale... normal donc que ce soit sa dernière position. Bel hommage que j'lui ai fait !
"Mais, omae, je n'étais chez vous que pour l'Humanis. Trouver Karl, ouais, mais aussi avoir les noms, le réseau, tout ce qui nous permettra de vous renvoyer là d'où vous venez, un peu plus vite que prévu. Tu sais bien... hâter l'inéluctable et clore ce putain de sixième monde..."
Dernier brin d'honnêteté envers un mourrant... ou ironie incontrôlable.
"... et les nuyens, Filan. Les nuyens aussi, t'as raison... 20000 ?! Tu te rends compte ? Vous valiez 20000 nuyens et vous l'ignoriez !"
Paroles inutiles, ses pupilles ne fixent plus que le néant.
Je me relève, regrettant mon pantalon tâché de son sang, rafraîchissant ma mise et époussetant mon Mortimer.
"Bien sûr, je n'ai pas oublié Karl. Pour que le compte soit rond, je dois encore lui rendre une petite visite : vos infos vont enfin me permettre de trouver sa planque. Mais t'inquiète, troglo, je lui passerai ton bonjour... dans la soirée."
Je m'en retourne donc... et avance de quelques pas, avant de saisir un détail, du genre dragon dans une boutique de porcelaine. Le sang bordel ! Il n'y avait pas de sang sur le corps de l'elfe ! C'est un peu le problème avec cette suite Linewire : ces réflexes câblés n'agissent que sur le corps, pas sur l'esprit. Quelques microsecondes suffisent tout de même pour me jeter à terre et me retourner tout en dégageant le pan droit de mon manteau pour empoigner mon arme et activer son smartlink : face à moi, Filan et Malia semblent en pleine forme. La shaman...
J'effleure mentalement la gâchette de mon Ares qui déverse un flot de balles sur ces cibles trop faciles. Trop facile ! Les projectiles s'écrasent sur un mur invisible, provoquant comme une onde d'air à l'impact, avant de tomber mollement au sol : sous l'effet du sort, l'elfe chancelle à peine. Le troll, lui, n'a même pas levé son imposant Remington. La shaman !
Le silence retombe sur le quai tandis que le grésillement caractéristique d'une transmission résonne dans mon oreille.
"Skraa, Ianos ! Je m'excuse par avance de l'intrusion, mais tu voulais me voir semble-t-il ?"
Ce lâche, cette pourriture d'orque ne s'est même pas pointé, et en plus, il pirate mon commlink.
"Désolé de ça, omae, mais je ne peux pas me déplacer pour toi ce soir : tu comprendras bien la situation j'espère. Je tenais juste à t'informer que nous t'avions scanné depuis un bail..." J'étouffe un juron sous le regard impavide de Filan. En ce qui concerne Malia, je suis moins sûr. Ses poings serrés et ses phalanges qui blanchissent à mesure que son boss dégoise ses conneries me font craindre l'arrivée imminente d'une boule de feu sur mon humble personne. "...en fait, nous avions surtout besoin de connaître tes habitudes, remonter jusqu'à tes contacts, identifier tes potes du Policlub... enfin, tu vois ce que je veux dire, non ?"
J'en suis donc à chercher une échappée : le couvert le plus proche n'est qu'à un battement de mon Linewire, mais cet instant sera-t-il suffisant pour éviter l'acier du troll et l'énergie de la shaman. Allez...
"Bref ! Je te remercie, Ianos. Sincèrement. Tu as fait avancer la cause. Ce fut un plaisir que de te voir, omae. Bon vent !"
Je m'élance sans que mes deux cibles n'esquissent un mouvement. Trop lents !? Et... "Que de t'avoir vu" ? Putain, pourquoi n'avais-je pas investi dans un booster céréb...
Le Ranger Arms s'est tu. Je le démonte et glisse chacune de ses parties dans la vieille mallette de cuir usé qui lui sert de nid. La chaleur du canon est supportable, il n'a tiré qu'un coup. je sors du couvert préparé sur le toit du hangar, mes pas me guidant vers l'obscurité salvatrice des Ombres d'Everett. A quelques centaines de mètres de là, des amis, un troll et une elfe, balance un déchet dans la baie de Possession Sound. Une pensée fugace fait renaître un sourire: j'espère que celui là n'est pas recyclable.

Trois :

Je ne sais pas vous (non pas vous, tous, vous, quelques uns), mais ces quelques mois passés m'ont donné l'impression d'une re-prise de contact avec mes amis. Non pas que nous nous soyons perdus de vue, mais éloignés, peut-être. Sûrement. Moi, à coup sûr.
Bref, j'ai à nouveau ce sentiment d'un retour à mes jeunes années, à l'idée d'une "famille", avec les guillemets tant on sait la valeur que j'apporte au mot si l'on me connaît un brin. En tous cas, je suis ... heureux ?... ouais, c'est ça, heureux, d'entrer à nouveau dans la vie de toutes ces personnes, et inversement. Les années s'étaient allongées et avec elles les liens, me semble-t-il.
Alors bien sûr, tout ce sucre et cette guimauve ne se sont pas recuisinés en un jour, les mois y ont aidé, mais aujourd'hui, je suis bien. Entouré. Et ce même si la distance demeure. Comme l'impression de faire partie d'un tout là où il y a quelques années encore la sensation était nombriliste. Sociabilisation donc ? Ouais, mais non, quand même... faudrait voir à pas trop déconner.

Quatre ?

Oui quand même. Outre Shadowrun donc, l'héroic fantasy aussi, mais plus généralement le jeu de rôle, et encore plus loin, le jeu tout court, ont repris une place dans ma vie, toujours au détriment du temps qui passe, après quelques 15 années d'accalmie. Alors bien sûr, la "renaissance" concerne d'avantage mes activités en tant que maître de jeu qu'en tant que joueur de plateau, mais tout de même, à la vingtaine accomplie, je tâtais moi aussi du pion, du dé et du plateau et sûrement ne les aurais-je jamais délaissés si, à l'époque, ce média avait la qualité, la variété et l'incroyable richesse qu'il connaît aujourd'hui.
De temps à autre, je tacherai donc ici de livrer quelques sentiments sur ces petites pépites que je pratique, histoire d'avoir votre sentiment ou, encore une fois, de plus tard relire le mien, sur ces loisirs que je pratiquais dans les années 2015 et suivantes.

Cinq !

Le réveil est difficile ! Souvent ces derniers temps... Entre l'heure habituellement tardive du couché, la fatigue du déménagement, la cohue financière de fin d'année et la pression professionnelle qui dure depuis un an, j'avoue que les soucis de fric rajoutent allègrement à la morosité ambiante. En tous cas, c'est ce que je me dis, avant de tourner la tête et de la deviner, ou de la sentir... son odeur, sa chaleur, sa présence toute simple.
Alors tout s'efface, et je souris. Toujours mentalement... parfois physiquement. Mais je souris. Petite ancre d'importance qui me raccroche à la vie et à ses plaisirs... petite encre plus désuète qui me ramène aussi ici, là et ailleurs.

Six, sept, huit.......... tout plein quoi ! ;)

11.6.10

Au revoir et à jamais


« The Long Kiss Goodnight : à la fin de l’envoi »…

Diable, diantre, palsembleu, et ventre saint-gris… lors que ce premier semestre touche à sa fin, me cantonnant à cette simple année 2010, je lorgne parfois et rêve encore sur les jours… semaines… mois… écoulés en rafale… et de suite, je souris… Oui, dernièrement, je souris ! Toutefois, n’allez pas y voir quelques signes de richesse ou de bonheur que ce soit, non, non, non : j’n’ai pas gagné la cagnotte du vendredi 13 au Loto, j’ne suis pas tombé follement amoureux d’une diabolique créature aux appâts tant pécuniaires que mammaires (ou l’inverse *__* ), ma bagnole n’a miraculeusement pas subi de transformation la rajeunissant d’un quart de siècle, et mes débiteurs n’règleront probablement jamais leurs dettes… à vrai dire, j’ai même rarement eu autant d’emmerdes matériels, physiques, financiers, voire professionnels, au cours de ma déjà trop longue existence, et ce sur une si courte période ( pour être totalement honnête, il y a une heure, je témoignais même au Tribunal Correctionnel de Montauban ^^; ). J’reste donc fauché, célibataire, tordu et fonctionnaire…

Alors quoi ?

Pfffffffrrrrrrt… J’ne sais pas ! Appelez ça comme vous voudrez : stupidité, ignorance, inconscience, ou, si vous êtes urbains, insouciance. Peu importe ! Toujours est-il que depuis que la dizaine suit la vingtaine, mon visage s’est détendu et la facétie m’a repris… pour de vrai ! C’en est même désarmant… juste constater qu’en ne se focalisant plus que sur soi, son bien-être, ses désirs, son Moi (beurk !), même si cela se fait au détriment d’autres, le reste frise la limite du futile et votre vie se facilite. Je me rétorquerais bien, alors, histoire de m’ouvrir les yeux, que cela ne durera qu’un temps… moui, peut-être… que quelques décisions prises ces derniers mois seront regrettées dans un futur plus ou moins éloigné. Aussi ! M’enfin, n’était-ce pas déjà le cas ces vingt dernières années…

J’vais donc poursuivre mon ptit chemin aux formes diverses et variées si c’n’est celle de la croix : entrer dans la vie des uns, croquer à la pomme (ou au risotto d’poisson) du Ptit Bacchus, n’plus m’forcer avec les autres, voyager (un peu, un peu), barrer quelques noms d’mes répertoires papiers et mnémoniques, délaisser (un peu, un peu) les mondes virtuels pour d’autres plus goutus, ou reprendre de vieux contacts trop longtemps éteints… je verrai bien, tant que je continue de sourire… juste entamer une nouvelle page d’écriture, mais ailleurs, sous d’autres c’yeux.

Aussi, procédant méthodiquement, et à l’instar de mes e-mails, téléphones, adresses, etc… etc… je ferme donc officiellement ce qui fut pour moi un refuge, ptit livre de confessions ou dévidoir à ordures, et pour vous, je l’espère, une petite fenêtre sur ce qui me trottait dans la tête souvent, de façon fugace, et en d’autres moments, de manière plus prégnante, que ce soit à tort ou à raison.
Là, au fin fond d’mon ossuaire (cossu ^^), à côté d’un bon verre de Clément fraîchement entamé, assis sur ce costume de scorpion décidemment trop large pour ma carrure, j’ne tapoterai que ces quelques ultimes lettres...

« Les deux grands secrets du bonheur : le plaisir et l'oubli. »

J’suis assez d’accord.